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Jacques Pauwels*, le Mythe de la bonne guerre : les USA et la Seconde Guerre mondiale.

"Cet aspect des relations américano-nazies ne sera jamais dévoilé par les médias, encore moins par Washington. Les américains qui suivaient certaines campagnes des sociétés américaines telles que GM ou Ford contre le nazisme ignoraient qu’en même temps, ces compagnies apportèrent beaucoup plus à ce régime qu’aux Etats-Unis. C’est parce que l’Allemagne nazie représentait une énorme source de profit tant économique que géostratégique pour les industries américaines que l’élite américaine et certaines compagnies européennes fermèrent les yeux pendant longtemps sur les crimes du Führer."

* J. R. Pauwels est un historien canadien d’origine belge.

Son livre est traduit de l’anglais. Comme il l’explique clairement dans son introduction, ce livre n’est pas une monographie supplémentaire sur le thème retenu. Par conséquent, il ne vise pas à étendre notre connaissance du phénomène étudié, mais à en proposer une nouvelle lecture.

Pas d’archives originales ou de documents nouveaux analysés, mais un angle qui prolonge celui développé par les historiens révisionnistes américains. Par révisionniste, il faut entendre cette catégorie d’historiens nord-américains (inconnus en France car non traduits, comme W.A Williams, G. Kolko, G. Alperovitz) qui proposent une approche radicalement critique du rôle de leur pays dans la lutte contre le nazisme, et, par conséquent dans la seconde guerre mondiale.

Les USA et la Seconde Guerre mondiale... par Jacques Pauwels #Vidéo

 

On dit souvent qu’un peuple qui ignore son histoire est appelé à la revivre. Pour comprendre certains comportements de notre présent, il est souvent nécessaire de fouiller dans le passé pour réaliser que ces comportements, ces façons de faire font partie intégrante de la nature des gens. En réalité, il y a de ces vérités qui ne sont pas bonnes à entendre, surtout lorsque quelques historiens, souvent de mauvaise foi, ou des responsables politiques, mettent beaucoup de force et d’énergie à les dissimuler. L’histoire de l’alliance entre l’Allemagne Nazie et les États-Unis mérite une attention bien particulière.
L’histoire atteste que le grand-père de Bush était sympathisant nazi ! Je réalisais à la suite de modestes recherches que la majorité écrasante des synthèses conventionnelles traitant du rôle des États-Unis dans la deuxième guerre mondiale sont des exemples typiques de belles histoires, un genre historiographique qui cherche à rassurer et à sécuriser le lecteur occidental (américain en particulier) en confirmant ce qu’il a appris à l’école et ce qu’il entend ensuite journellement par la voix des médias internationaux : ” les États-Unis, animés par un idéalisme sans faille, prirent la tête d’une croisade qu’ils gagnèrent par leurs propres moyens pour défendre la liberté et la démocratie “. 

Non, nous sommes bien loin de la vérité !

Le phénomène nazi n’est pas un hasard de l’histoire et encore moins un caprice philosophique concrétisé par un seul homme, en la personne de Hitler. Contrairement à toutes les diatribes proférées à l’égard du Führer, plusieurs dirigeants des pays occidentaux appréciaient beaucoup le dirigeant nazi pour sa haine démesurée du communisme. Les hommes d’affaires américains, en particulier, furent fort impressionnés par deux grandes réussites de Hitler. Premièrement après son accession au pouvoir, il procéda immédiatement à l’élimination du parti communiste allemand, des groupes anarchistes et à la dissolution des syndicats ouvriers entre autre. 

Deuxièmement, durant les années suivantes, il sortit l’Allemagne du marasme de la grande dépression par des méthodes certes peu orthodoxes mais apparemment fort efficaces, tels que les grands travaux d’infrastructures et surtout, un programme de réarmement à grande échelle. 

Le dictateur nazi et ses idées fascistes étaient particulièrement prisés et admirés par les propriétaires, les gestionnaires et les actionnaires de ces entreprises américaines qui avaient durant les années 1920, investi de larges capitaux en Allemagne en acquérant ou en créant des firmes, ou en s’engageant dans les partenariats stratégiques avec des intérêts allemands. Leurs filiales ou partenaires en Allemagne, telles l’unité d’embouteillage de Coca-cola à Essen, l’usine d’automobile d’Opel à Rüsselsheim-appartenant entièrement à General Motors − l’usine Ford à Cologne, l’implantation d’IBM à Berlin, ou l’infâme partenaire de la Standard Oïl, IG Farben, prospérèrent sous le régime hitlérien, celui-là même qui avait éliminé les syndicats. 

La politique de réarmement des nazis apporta un flux de commandes grâce auquel on pouvait en outre conclure toutes sortes de contrats juteux via les services de dirigeants vénaux tels qu’Hermann Goring, de banquiers peu scrupuleux comme le célèbre Hjalmar Schacht et de certaines grandes institutions financières en Allemagne ainsi qu’en Suisse. Entre 1933 et 1939, les compagnies américaines ou leurs filiales allemandes firent des profits énormes. 

IBM fit partie des entreprises américaines à connaître un énorme essor au cours du troisième Reich. « Ce fut IBM. Dehomag, sa filiale allemande qui fournit au gouvernement allemand la technologie des cartes perforées, ancêtre de l’ordinateur actuel, technologie requise pour l’automatisation de la production du pays, et dont les applications s’étendent du bon fonctionnement des chemins de fer à l’identification des juifs en vue de la confiscation de leurs biens et, finalement, à leur extermination. » Edwin Black, fils de survivants polonais de l’Holocauste et journaliste d’investigation indépendant, décrit dans son livre (IBM et l’Holocauste) l’histoire de la participation consciente d’IBM à l’Holocauste, et de sa complicité avec la machine de guerre nazie qui a fait plusieurs millions de victimes à travers toute l’Europe. 

Si Thomas Watson (le grand patron d’IBM), tout comme de nombreux autres hommes d’affaires américains ayant investi en Allemagne, admirait et appréciait Hitler, ce n’était pas à cause de son charisme, mais bien parce qu’il était un excellent partenaire d’affaire. Car durant le troisième Reich hitlérien, les ouvriers « n’étaient rien de plus que des serfs, privés non seulement du droit de grève mais également du droit de changer d’emploi » alors que leurs salaires étaient maintenus à de bas niveaux », comme l’écrit Mark Prendergast. Ceci, conjointement à l’augmentation du volume des ventes, favorisa considérablement la rentabilité de l’investissement allemand de Coca-Cola, tout comme celle des autres filiales américaines allemandes. Une grève dans une succursale américaine en Allemagne provoquait la réaction immédiate et musclée de la Gestapo et conduisait à des arrestations et à des renvois, comme ce fut le cas à l’usine Opel de Rüsselsheim en juin 1936. Otto Jensen, un anti-fasciste écrira plus tard que « les dirigeants d’entreprises allemandes étaient ravis que la crainte des camps de concentration ait rendu les travailleurs aussi dociles que des chiens de compagnie. » 

Plusieurs autres historiens comme l’Allemande Anita Kugler sont d’avis que les camps de concentration furent une aubaine pour les hommes d’affaires américains car dans certains cas, les salaires étaient inexistants. On comprend donc pourquoi l’élite américaine voyait en Hitler, l’homme de la providence, par qui ils accumulaient d’énormes profits. 

Il faut observer que les activités des entreprises américaines en Allemagne continuèrent ainsi à se développer sous Hitler et, à la veille de Pearl Harbor, la valeur totale des participations américaines en Allemagne hitlérienne était estimée à 475 millions de dollars (de l’époque). 

Des grandes entreprises américaines avaient en outre également investi des centaines de millions de dollars en Italie fasciste. De fait, un nombre considérable de cabinets d’avocats, de sociétés d’investissements et de banques furent activement impliqués et avec de grands profits- dans cette offensive du capital américain dans les pays fascistes. » Parmi ceux-ci, on peut citer le célèbre cabinet d’avocat new-yorkais Sullivan & Cromwell et les Banques J.P Morgan, Dillon, Read & Company, ainsi que l’Union Bank de New York. Il est à noter que l’Union Bank fut étroitement liée à l’empire financier et industriel de Thyssen, le magnat allemand de l’acier, qui avait fourni une grande partie du soutien financier sans lequel Hitler n’aurait pu accéder au pouvoir. Cette banque fut dirigée par Prescott Bush, grand-père du président George Bush Senior. On dit de Prescott Bush qu’il fut également un ardent supporter de Hitler. Il lui envoya de l’argent via Thyssen et, en retour, put réaliser en Allemagne nazie des affaires qui lui rapportèrent d’énormes profits avec lesquels il lança son fils, George, dans les affaires pétrolières. 

C’est donc un groupe restreint d’entreprises américaines : Ford, GM, Standard Oïl du New Jersey (connu sous le nom d’Exxon), Du Pont, Union Carbide, Westinghouse, General Electric, Goodrich, Singer, Eastman Kodak, Coca-Cola, IBM, ITT, Texaco… qui profitèrent de la manne que représentait le régime nazi, avec bien sûr le concours de certaines banques américaines et européennes. Et même après l’invasion de la Pologne, du Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg et de la France, les dirigeants nazi bénéficièrent du soutien des élites américaines. Quand un délégué commercial allemand organisa un dîner à l’hôtel new-yorkais Waldorf-Astoria, le 26 juin 1940, pour célébrer les victoires allemandes en Europe de l’Ouest, plusieurs grands industriels américains figuraient parmi les convives, comme James Mooney, un des hauts dirigeants de GM… Cinq jours plus tard, les victoires allemandes furent à nouveau fêtées à New York, cette fois avec un diner organisé par Rieber, le patron pro-fasciste de Texaco. Parmi les représentants du monde industriel qui honoraient la soirée de leur présence : James Mooney, ainsi qu’Edsel Ford, fils d’Henri Ford. 

Les Européens n’étaient pas en reste non plus, car ce fut surtout en Europe que les élites sociales et politiques attendirent de Hitler de grandes prestations anti-soviétiques et anti-communistes. En Grande-Bretagne, par exemple les ambitions orientales de Hitler bénéficièrent très tôt du soutien de nombreuses personnalités respectables et influentes, telles Lloyd George, Lord Halifax, Lord Astor, Normand Montagu, gouverneur de la Banque d’Angleterre, et même certains membres de la famille royale. Le Duc de Windsor, qui occupa brièvement le trône sous le nom d’Édouard 8, et son épouse américaine, Wallis Simpson, se rendirent même à Berchtesgaden pour y prendre le thé avec Hitler afin d’y encourager ses ambitions d’attaquer l’URSS .

Durant la guerre, plusieurs compagnies américaines vont fournir une aide précieuse aux nazis. Le trust géant Du Pont, parent financier de General Motors fournira clandestinement des armes et de munitions à l’Allemagne via les Pays-Bas et fut selon Pauwels « l’entreprise américaine à profiter de la politique d’agression et de réarmement de Hitler ». Ce ne fut pas sans raison que les constructeurs d’automobiles, rois du pétrole et autres magnats américains furent associés au triomphe du Führer. En effet, sans les camions, chars, avions et autres matériels fournis par les filiales allemandes de Ford, GM, sans les grandes quantités de matières premières stratégiques, notamment le caoutchouc, l’huile moteur, le gazole et autres carburants acheminés par Texaco et la Standard Oïl via des ports espagnols, les forces armées allemandes, tant terrestre qu’aériennes, n’auraient sans doute pas battu aussi facilement leurs adversaires en 1939 et 1940. La chercheuse allemande Karola Fings écrit par exemple que Ford « fit de merveilleuses affaires avec les nazis. Car l’accélération de la production durant la guerre ouvrit des opportunités totalement neuves pour réduire le coût des salaires ».

Albert Speer, le principal architecte d’Adolf Hitler, puis ministre de l’Allemagne nazie, de 1942 à 1945, responsable de l’armement, déclarera plus tard dans son autobiographie que sans certaines formes de carburant synthétique, fournies par des entreprises américaines, Hitler n’aurait jamais songé à envahir la Pologne. La part américaine dans les importations allemandes d’huile moteur passera de 44% en juillet 1941 à environ 94% en septembre de la même année. Et même la stratégie de « guerre-éclair » utilisée par l’armée nazie pour s’accaparer plusieurs villes européennes en des temps records n’eut guère été possible sans la technologie de pointe que ITT et IBM ont apporté à l’Allemagne nazie. 

Dans l’esprit des dirigeants américains, Hitler restait l’homme idéal. Car non seulement, d’une part, les industries américaines faisaient des profits record en Allemagne, mais d’autre part, la guerre brutale qu’imposait-le dirigeant Nazi à l’Union Soviétique plaisait à l’establishment américain qui a toujours voulu voir l’URSS affaiblie et le communisme irrémédiablement décapité. Il est surtout clair que les américains souhaitaient un enlisement de la guerre entre les deux forces qui plus tard finiraient par s’affaiblir. Le sénateur Harry Truman qui accéda à la présidence des Etats-Unis à la mort de Roosevelt exprimait cette situation en ces termes en 1941 : « Si nous voyons l’Allemagne gagner, nous devrions aider la Russie et, si la Russie est en train de gagner, nous devrions aider l’Allemagne, pour que le plus grand nombre possible périsse des deux côtés ». N’est-ce pas pour cette raison que le second front en Europe de l’Ouest ne fut ouvert par les alliés occidentaux que 11 mois avant la fin du conflit en Europe, tandis que l’URSS combattit pratiquement seule à seule durant 36 mois les nazis et ses alliés fascistes ? 

Ce qui sera d’ailleurs dénoncé par Albert Einstein, étonné de voir les américains s’accoquiner les fascistes au lieu de soutenir les Soviètiques qui combattaient farouchement les nazis : « Pourquoi Washington a-t-il aidé à étrangler l’Espagne loyaliste républicaine ? Pourquoi a-t-il un représentant officiel dans la France fasciste ? Pourquoi garde-t-il des relations avec l’Espagne franquiste ? Pourquoi aucun effort n’est fait pour aider l’URSS qui en a le plus grand besoin ? Ce gouvernement est largement contrôlé par des financiers et des industriels dont la mentalité est proche de l’état d’esprit fasciste. Si Hitler n’était pas en plein délire, il aurait pu avoir de bonnes relations avec les puissances occidentales ». « Sans les Soviètiques, ces chiens sanguinaires nazis [...] auraient atteint leur but ou, en tout cas, en seraient proches. [...] nos enfants et nous avons une énorme dette de gratitude envers le peuple Soviètique et son armée rouge qui ont enduré tant d’immenses pertes et de souffrances ». 

Bien plus significatif est le fait que l’OSS (Office for Strategic Services, l’ancêtre de la CIA) songeait à utiliser certains dirigeants nazis dans le but de combattre, voire anéantir l’Union Soviétique une fois la guerre terminée. L’historien Allemand, Jürgen Bruhn écrit à ce propos que l’OSS qui comptait en son sein des grands patrons d’entreprise, d’avocats de Wall Street, de scientifiques, de militaires de haut rang etc. « représentait les cercles dirigeants des Etats-Unis » qui étaient beaucoup plus « préoccupés par le devoir de vaincre le national-socialisme, mais ils étaient déjà en train de planifier la “liquidation” de l’Union Soviétique comme une entité politique ou, au minimum, d’amoindrir son influence dans l’Europe de l’après-guerre », et ce, avec l’aide des nazis. Dans une conversation téléphonique avec le général Joseph T. McNarney, adjoint de Eisenhower, le général George Patton nommé pour prendre le commandement des troupes terrestres destinées à débarquer au Maroc durant la deuxième guerre mondiale aurait déclaré : « Nous aurons à nous battre contre eux (les soviétiques) tôt ou tard…Pourquoi ne pas le faire maintenant, alors que notre armée est encore intacte? On botterait l’arrière-train de ces sales Russes et on les renverrait en Russie dans les trois mois! Nous pouvons le faire facilement avec l’aide des troupes allemandes que nous avons à notre disposition, il suffit de les armer et de les emmener avec nous. Ils haïssent ces salauds. » 

Bien que plus tard, l’Allemagne nazie ait retourné sa veste contre ses anciens « partenaires », il est faux d’affirmer que l’entrée en guerre des américains s’inscrivit dans la logique des États-Unis de se battre pour le triomphe de la « liberté » et de la « démocratie ». Le sort des juifs en Allemagne préoccupait le moins du monde les Etats-Unis, encore moins le monde occidental puisque le discours racial des dirigeants nazi était tellement semblable au discours traditionnel des tenants du capital dans les démocraties occidentales. A aucun moment de la guerre, les alliés ne présentèrent la lutte contre le racisme, contre l’antisémitisme, contre la discrimination et la ségrégation raciale comme partie intégrante du combat général contre le nazisme. L’entrée en guerre des Etats-Unis ne fut dictée que pour détruire l’originalité du communisme en europe et la protection de leurs interêts financiers. L’histoire des relations américano-nazie est l’illustration parfaite de la logique capitaliste non seulement des américains mais du monde occidental dans son ensemble quand il s’agit de protéger et défendre leurs intérêts.

Selon Pauwels, « puisqu’il ne s’agissait pas d’une croisade contre l’injustice et la dictature, mais plutôt de la poursuite d’intérêts propres, Washington n’estima pas nécessaire de déclarer la guerre à l’Allemagne nazie, même si ses relations avec Berlin s’étaient détériorées depuis quelques temps. » C’est plutôt un Hitler de plus en plus zélé qui déclarera la guerre au pays de l’Oncle Sam. Et l’oncle Sam prit les armes malgré lui comme l’a déclaré un officier américain, offusqué de voir l’Amérique s’allier aux russes pour combattre les nazis : « cette guerre est idiote. Nous nous battons contre le mauvais ennemi avec le mauvais allié. » A l’académie militaire de West point où est formé la plupart de l’élite militaire américaine, des généraux se plaignaient du fait que les Etats-Unis soient entrés en guerre en choisissant le mauvais camp. Ils disaient ainsi : « nous devrions nous battre contre les communistes, pas contre Hitler. »
Pour l’élite américaine, les nazis étaient les meilleurs partenaires d’affaires. Avec eux, on faisait beaucoup de fric ! Ce n’est pas un hasard si certains nazis convaincus tels que Schacht (le banquier de Hitler) ou Von Papen (un de ceux qui ont aidé Hitler à se hisser au pouvoir) ont pu être acquitté après leur procès. D’autres criminels de guerre nazis tels Mengele et Barbie furent placés sous protection américaine. Et ce, malgré l’insistance des autorités françaises qui tenaient à juger Barbie ! Dans une note du département d’état américain adressée à son Haut-commissariat en Allemagne, on peut lire : « Klaus Barbie, citoyen germanique, ancien chef de la gestapo de Lyon, est poursuivi par le tribunal militaire de Lyon pour crimes de guerre. Deux mandats d’arrêt ont été établis les 1er août et 12 septembre 1945. [...] le juge français en charge du dossier de la Gestapo lyonnaise a réclamé avec insistance…que Barbie leur soit livré. En dépit de sollicitations multiples, les autorités américaines n’ont ni arrêté ni rendu Barbie ». 

Bien plus tard, Barbie et son compagnon Mengele reçurent des faux papiers et furent envoyés poursuivre une nouvelle vie en sécurité en Amérique du nord ou en Amérique du sud. L’historien et spécialiste du renseignement américain, Yvonnick Denoël, écrira alors : « En recrutant et en protégeant des criminels de guerre nazis comme Klaus Barbie après la guerre, les services américains n’ont pas seulement fait obstruction à la justice de différents pays. Ils ont aussi contribué à semer des “mauvaises graines” dans toute l’Amérique du sud. Si l’histoire secrète des anciens nazis réfugiés dans diverses dictatures militaires n’est pas encore totalement connue, il est probable que, comme Barbie, beaucoup ont fait profiter ces régimes autoritaires de leurs savoir-faire répressifs ». 

Aussi plusieurs industriels et banquiers allemands ayant collaboré avec les Nazis furent vigoureusement défendu par les américains.

Tous ceux qui furent condamnés à des peines généralement légères, profitèrent dans les trois ans qui suivirent d’une amnistie offerte généreusement, par les autorités américaines d’occupation. En réalité, l’élite du monde des affaires allemand, qui avait soutenu Hitler et qui avait profité de son régime, reçut de la part de l’Oncle Sam une sorte d’ « amnistie de facto », comme l’a appelée l’historien américain Christopher Simpson.

Les nazis avaient tout pour plaire à l’élite américaine. Non seulement, ils étaient des bons partenaires dans le business durant la guerre, mais ils le seront encore plus dans le domaine technologique et scientifique après la guerre. En effet, ce sont en premier lieu les Etats-Unis, qui après la guerre, s’approprièrent les avancées techniques et scientifiques accomplies par des nombreuses entreprises allemandes durant la guerre. Les américains s’accapareront tout (brevets, projets et autres documents nécessaires aux entreprises américaines). Un véritable « pillage intellectuel » dixit un historien. Mais pour John C. Green du bureau des services techniques du département américain du commerce, il s’agit des « réparations intellectuelles ». C’est ainsi que plusieurs scientifiques allemands ayant travaillé dans des camps de concentration et ailleurs en Allemagne pour le compte des nazis se retrouveront à travailler aux Etats-Unis au Pentagone et dans d’autres entreprises américaines. 

Ces transferts de cerveaux allemands vers les Etats-Unis connus sous le nom de code de « Overcast », et plus tard « Paperclip » seront dévoilés par les médias américains. Le New-York Times révélera l’arrivée aux Etats-Unis de 88 scientifiques allemands en novembre 1945. Beaucoup d’autres les rejoindront. Jusqu’en 1990, c’est quelque 1600 scientifiques allemands qui se retrouveront aux Etats-Unis. « C’est ainsi que beaucoup de nazis purent mener une vie longue et paisible dans le pays qui prétendait être entré en guerre par répugnance du nazisme » dixit Pauwels. 

Cet aspect des relations américano-nazies ne sera jamais dévoilé par les médias, encore moins par Washington. Les américains qui suivaient certaines campagnes des sociétés américaines telles que GM ou Ford contre le nazisme ignoraient qu’en même temps, ces compagnies apportèrent beaucoup plus à ce régime qu’aux Etats-Unis. C’est parce que l’Allemagne nazie représentait une énorme source de profit tant économique que géostratégique pour les industries américaines que l’élite américaine et certaines compagnies européennes fermèrent les yeux pendant longtemps sur les crimes du Führer.

Tag(s) : #INTERNATIONAL, #CULTURE - DÉBATS

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