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La lutte contre l'extrême-droite indissociable de la lutte contre la casse sociale

ARTICLE DU FRONT SYNDICAL DE CLASSE

 

Les faits

Un peu partout les groupes d’extrême-droite multiplient les attaques et les agressions, à l’image des factieux descendant dans la rue pour un prétendu « jour de colère ».

Il y a quelques semaines, à Clermont-Ferrand, des fascistes tiraient sur un concert de soutien aux sans-papiers.

A Strasbourg, l’Action Française universitaire appelle à « tuer les gauchismes » tandis que le groupe néo-nazi « Alsace nationaliste multiplie les inscriptions racistes.

Jeudi 6 février, à Marseille, à l’occasion d’une conférence de notre camarade Annie Lacroix-Riz sur le 6 février 1934 et son contexte, une quinzaine d’énergumènes de l’Action française sont venus brailler des slogans en l’honneur des « morts du 6 février » et traiter les communistes d’assassins, etc. Ils ont été fermement conduits à l’extérieur du théâtre Toursky, où avait lieu la conférence, et se sont fait annoncer à une prochaine réunion marseillaise.

Le phénomène s’accélère et en haut, on se charge d’ailleurs de montrer la voie, depuis la promotion bruyante du FN par les médias jusqu’aux discours nauséabonds de Valls et Copé aujourd’hui, d’Hortefeux et Sarkozy en leur temps, en passant par l’eurocrate Herman Van Rompuy, actuel président du Conseil européen et président du sommet de la zone euro, publiant dernièrement sur son site internet un poème du prêtre nazi Cyriel Verschaeve… Sans oublier le récent et très officiel soutien aux néo-nazis ukrainiens défilant pour l’Europe (l’UE présentée est en particulier un soutien actif à toutes les forces fascistes en Europe centrale et orientale).

En période de crise ou de tensions sociales, hier comme aujourd’hui, les monopoles capitalistes et leurs relais, promeuvent naturellement « Hitler contre le Front Populaire » afin de détourner puis d’écraser les résistances populaires.

 

Les grandes manœuvres

L'extrême-droite, afin de tromper les travailleurs et de se donner une base de masse, avance masquée : prétendument anti-capitaliste et anti-impérialiste, réellement au service de ses maîtres grands banquiers et industriels. Afin de diviser et de détourner les luttes contre les véritables causes et les véritables responsables de la crise, comme dans les années 1930, elle désigne des boucs émissaires (l'immigré comme le juif sous couvert d'anti-sionisme).

Parallèlement, le parti socialiste et le gouvernement afin de détourner l'attention de leurs choix politiques et économiques résolument au service de l'oligarchie dominante, du patronat et des marchés financiers, tentent d'instrumentaliser la nécessaire lutte contre l'extrême-droite au profit d'une « union sacrée » autour des politiques d'austérité, de la réduction des déficits publics et du "pacte de responsabilité". Alors que ce sont leurs contre-réformes de régression sociale qui nourrissent le sentiment d'abandon et le désespoir de travailleurs licenciés après avoir été pressés comme des citrons, réduits à la misère tandis que s'accroissent les richesses d'une minorité !

Les larmes de crocodile du PS ou de la CFDT contre l’extrême-droite alors qu’ils mènent la politique de fer du capital ne doivent tromper personne. La casse des salaires, des statuts, des conventions collectives, de l’emploi, de la santé, des services publics, les politiques de ségrégation sociale et spatiale la division des travailleurs (français/étrangers, jeunes/vieux, hommes/femmes…), la multiplication des guerres impérialistes, l’imbécilité et la cupidité portées aux nues par les médias aux ordres, la mise en exergue permanente des valeurs de concurrence, de loi du plus fort, d’inégalités entre individus ou peuples, le soutien aux officines les plus douteuses… tout ceci participe de la fascisation.

Dans cette situation, ce n’est pas en accompagnant le terrible recul de civilisation en cours ou en faisant croire qu’on peut construire un « capitalisme à visage humain » ou une « Europe sociale », ce n’est pas en renonçant à agir au service de l’ensemble des salariés et du peuple que nous ferons reculer le racisme et l’extrême-droite.

Au contraire, c’est en s’attaquant à l’origine du mal, à ce système capitaliste en crise permanente, à ses gouvernements, à son UE, qui génèrent la misère, le fascisme et la guerre, en résistant aux contre-réformes en cours, que nous pourrons inverser le cours des choses.

En 1934, la lutte victorieuse contre les ligues fascistes a été indissociable de la lutte pour les revendications des travailleurs et a débouché en 1936 sur d'importantes conquêtes sociales comme les congés payés.

C’est donc en renouant avec l’héritage du mouvement ouvrier et sa longue tradition de lutte antifasciste parce qu’anti-capitaliste, c’est en luttant de manière déterminée au service des salariés que nous battrons le fascisme, que nous re-créerons la solidarité entre tous les travailleurs, français et étrangers, en même temps que nous arracherons de nouveaux progrès sociaux.

 

Front Syndical de Classe, 16 février 2014

Tag(s) : #LUTTE DES CLASSES ET RENAISSANCE COMMUNISTE

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